mercredi 27 janvier 2010

Son appel m'a plongé dans un film à la Gus Van Sant, poursuite de dos, dans les couloirs, elle marchait et parlait calmement. C'était si anodin. J'entendais ses pas et le vent. Deux ou trois flashbacks pour m'aider à comprendre un peu. Les questions qu'elle ne pose pas, les choses qu'elle ne dit pas. Apaisant. La scène a continué jusqu'à ce qu'on raccroche, l'appel était sans objet, le travelling n'avait pas de chute. Mais pour une fois et depuis longtemps, j'étais bien.

vendredi 22 janvier 2010

NDF

iPhone photos

Course perdue. Mes lattes posées contre le mur crépit d'un bouclard du 20ème arrondissement, bonnet à revers vissé sur le crâne, dépassent quelques cheveux sales. Un gilet jaune sur un t-shirt à tête de mort offert par un local. My Vans. Une Leffe, et une pizza. Et j'ai encore mis trop d'huile piquante sur ma pizza. Un retour à Paris. Comme un autre, ma barbe de trente jours en plus. Rentrer. Jeter la valise sur une autre valise. Retrouver son chat affamé. Constater les dégâts. Ressortir pour lui acheter à manger. Prendre une autre Leffe en chemin. Revenir. Avoir froid. Allumer les convecteurs. Fouiller dans ses disques. Tu veux écouter quoi? Love burns - Black rebel

Aero

Je t'imagine. Avec mon reflet dedans, considère ça comme un autoportrait.
J'ai déjà parlé de cette soirée. Celle avec l'alarme incendie et l'accent canadien. Mais je n'avais pas publié (toutes) les photos.

vendredi 1 janvier 2010

Deux heures le beau

Le matin. Tout se passe le matin. Ma vie est un matin, avec de la brume et des rites.

Lisa

PhotobucketPortrait délibérément non-conforme. Quoique.

Pas sur la bouche

C'est bien plus touchant que gratifiant d'être compris. Comprendre c'est aimer.

lundi 14 décembre 2009

GH for kids

-Je te préviens, ils sont vachement éveillés les kids.
-Ouais, à ce qui paraît.
-Tiens, Arto, tu peux écrire Golden Hook? Ah, tu l'écris en bubble. Comme tu veux. Mais, t'as quel âge Arto? 6 ans? Ah. Ok

vendredi 11 décembre 2009

24-70

Le poster au dessus de mon lit d'enfant, les bandes dessinées, puis les maquettes, les articles de journaux et les revues scientifiques, tout concordait.
(jeu de mot)

Post

Sept heures vingt, je me réveille en sursaut dix minutes avant l'alarme, toujours avec cette même pensée, la peur de ne plus pouvoir. Je touche mon front et balaye en arrière mes épis pour découvrir mes globes, en m'imaginant des pigments morts, là où quelque chose a été déraciné, mais un peu plus qu'un cheveu. Je sors, j'ai froid. Je commence à angoisser. Je hais leur démarche arquée en bais à cause de la mallette qu'ils portent toujours du même côté depuis des décennies. Bientôt dix ans moi aussi que j'observe ce rite de l'intérieur, tout en me résolvant à ne jamais me dissoudre parmi eux. Ca m'obsède, chaque fois que je descend les escaliers. Il y a des choses comme ça, auxquelles on ne se fera jamais, face auxquelles on restera toujours en éveil. Comme toutes ces conneries pour lesquelles on suscite le mépris ou l'agacement si jamais on a le malheur de s'en émerveiller encore. La mer de nuages quand l'avion a atteint son plafond de vol, la traversée du pont de la concorde, le noir avant que le concert commence, le claquement du miroir quand on déclenche.

Disneyland Palais

Je suis venu en avance, comme ces jeunes filles fébriles qui campent devant les salles de concert pour être sûres d'être à l'avant de la fosse. Sauf que moi je n'ai aucune raison d'être en avance. Encore mon inconscient, qui recalcule tous les paramètres au plus juste, et qui me fait parfois faire des choses bien. La dame raye mon nom sur la liste, je ne savais même pas que j'étais dessus. La petite carte avec code-barre autour du cou, avec un alibi en béton : je suis make-up artist pour Shu Uemura. Je rentre en slalomant entre des flight-case et des filles de deux mètres. Je croise des oies, Lily Cole, soixante majorettes, et Ghislaine, une fille qui m'avait filé un extasy à neuf heures du mat dans un after nogentais. Je ne comprenais pas pourquoi une telle démesure, pourquoi l'arc de triomphe rayé Rykiel s'ouvrait en deux, pourquoi des artificiers étaient en train de régler des fusées, pourquoi il y avait une grande roue là, pourquoi la Tour Effeil touchait la cime de la coupole, pourquoi les chars étaient si grands, pourquoi il y avait un village rose et jaune avec plein de restaurants dedans. Je ne comprends toujours pas ce qui s'est passé, c'était drôle et un peu beau, je ne savais pas ce que je foutais là, surtout quand on m'a dit sur un ton un peu paternaliste que personne d'autre que moi n'était autorisé à photographier ce qui se passait là. Pour la peine je suis revenu avec 3000 photos.

Chaud froid

The Nodz a fait un EP. Ils me l'ont passé, et j'ai super envie de le mettre en ligne tellement il est bien, mais j'ai pas le droit.

C'est con, hein.

lundi 30 novembre 2009

Le corset a disparu et pourquoi pas les talons? Qu'est ce qu'être un groupie? L'alarme incendie, elle se déclenche vraiment si je fume là? Et mes photos, tu trouves vraiment que c'est de la merde? La densité de population de cette loge devient inversement proportionnelle à la qualité des débats. Je change d'interlocuteur. On passe à une autre langue et pour la première fois de ma vie je met à vouloir entendre à nouveau l'accent canadien, mais j'ai déjà oublié son visage et son prénom. Il faut que je leur dise, à quel point j'encense ceux qui ont la souplesse et l'humanité du pardon, même si ce sont des tapettes. Ensuite que je leur explique le danger que représenent ces types qui entretiennent leurs icônes, bouquet floralia déposé chaque semaine au pied d'une statue, en bordure d'une route départementale. On joue avec du gaffer orange dans l'espoir qu'on nous livre les bouteilles. Elle se demande pourquoi un tel décalage entre elle et ce type qui vit à cinquante kilomètres d'ici, loin du réseau RATP et des salles de spectacles subventionnées. Ce lieu en est la réponse, tout en aberration et injustice. Ce week-end n'a ni queue ni tête, et je décide de rentrer tôt, vraiment très tôt. Je décline l'invitation de la directrice et rate l'arrivée par l'autre porte des sept bouteilles. Tout ça pour retrouver un éléphant à l'intérieur d'un serpent, qui de l'extérieur a l'air d'un chapeau.

mardi 24 novembre 2009

Obsessions

The record was spinning since this morning and now some dust has laid between the disc groove and the diamond. The sound gets dirty but it seems that i don't care. I spent the whole day playing it again and again, working in the dark, lightened by my computer's screen. Dirty or not, I only hear it in my head.
She answered my message. I guess she wanted to see me, but it was not written.

samedi 21 novembre 2009

FM Safari

Toi tu n'es jamais venue, ou plutôt tu as mis les deux pieds dans le plat et tu es repartie comme si de rien était. Ce n'est pas la première fois que j'écoute un silence, et ce n'est pas la première fois non plus que j'antidate à ce point un post. La pluie t'a redonné une voix mais tu ne retrouveras pas le chemin, t'avais qu'à ouvrir les yeux en route.

vendredi 20 novembre 2009

Contrepied

Camille a eu la gentillesse et le courage de poser son rotring magique sur mes photos pour un projet top secret. D'habitude elle fait des dessins glauques avec des animaux morts ou qui font peur mais vu que mes photos étaient déjà super tristes elle a dessiné des trucs vivants ou gentils. Allez donc voir son blog, au lieu de traîner ici :
http://bizarrebizarre.canalblog.com/

vendredi 13 novembre 2009

Charbon

Le surmenage. Ouais ça doit être ça, le surmenage rend le ciel gris.

samedi 7 novembre 2009

Summer Spring

La journée dans la cabine, de la promiscuité, beaucoup d'électricité, et un final un peu plus que magique.

www.healfashionlab.com

jeudi 5 novembre 2009

November

Je me demande s'il fait beau dehors. Elle passe devant moi, marche vers la fenêtre, tire le store. Je me dis que j'ai dû penser à haute voix. Je ne bouge plus. Je ne suis plus là. Ses deux mains plaquées sur le carreau se détourent de buée. Elle me dit qu'elle ne sait pas. En fait elle s'en fout, elle regarde en bas les gens marcher sur le trottoir. De toutes façons le ciel est blanc. Blanc bleu gris vert, avec un peu de jaune.

lundi 2 novembre 2009

Paris-pari

- C'est comme une partie de foot, vous deux, tu shootes, elle stoppe, contre attaque, faute, balle au centre.
- Ouais sauf que moi je suis sympa
- Fais gaffe mec
- Gaffe à ?
- Toi
- Non. Pas là non.

mardi 27 octobre 2009

fly fly fly baby fly

La boucle est bouclée, le mal est fait. Il ne reste que du bien à faire, du coup.

rework

J'avais fait une série pour un garçon talentueux nommé Arnaud. Il fait des vêtements noirs. Parfois dorés ou bleu, mais pas trop. C'était il y a longtemps. Je découvrais le domaine national de St Cloud et il y avait beaucoup de feuilles mortes trempées sur le sol. Nous avons fini la journée au studio Reprod. Je ne sais pas trop ce qu'Arnaud a fait des images (ni ce qu'il devient) mais de mon côté je pense qu'il est temps de regarder ça avec un œil neuf.

dimanche 18 octobre 2009

PIMP MY CAT

Même castré. Même bien nourri. Même sorti à intervalles réguliers. Toujours aussi con et malodorant. Je crois que quelques âmes généreuses se sont proposées pour aller le faire piquer, le lâcher au bord d'une autoroute, lui trouver une maison à la campagne, l'adopter, ou l'empoisonner avec du kouiskas. Mais rien à foutre, je le garde.

Martin for GH

New golden hook stuff coming soon. Beanies, scarfs, snoods. Still knitted by grandmas, still in the best wools. Website 2.0 coming soon : www.goldenhook.fr

mardi 6 octobre 2009

Everything's superable

EVERYTHING BUT YOU

dimanche 4 octobre 2009

Nouvelle vague

NO NAME

Le martèlement sans rythme de ses doigts sur le clavier rallonge le temps comme si la trotteuse de l'horloge était boiteuse. Et ses putains de questions insidieuses s'enchaînent, ils veut me faire tenir des propos déplacés, cherche le raccourci. Moi je cherche l'échappatoire, je regarde par terre. Des miettes de croissant et des mégots jonchent le sol. Sa collègue entre. Une affaire de proxénétisme dégénère à l'entrée et son paquet de pim's a disparu. Finir la déposition. Signer. Partir. Vite.

PS : parlons-nous sur les murs, ça c'est pas grave.

lundi 28 septembre 2009

Je suis un putain de courant d'air. Je rentre par ta porte si jamais tu as le malheur de l'ouvrir,. Je te fais froid dans le dos et je sors par la fenêtre en faisant claquer tes volets pour entrer dans la maison d'à côté.

vendredi 25 septembre 2009

JCDC

D'abord il y avait des garçons tout juste échappés de leurs skyblogs qui marchaient sur une piste étroite. Puis les bouchées de haricot vert. Et puis trop de photographes. Je crois que c'est là que le dealer est arrivé. Tout allait bien pour tout le monde sauf pour le chauffeur du taxi, qui avait peur de nous. Il nous dépose dans un parking, 8 étages à pied et stupeur, nous sommes toujours dans le parking. La poussière me prend à la gorge, je ne sais pas comment elle a pu arriver là. A cette hauteur, il n'y a que des avions. Pas de poussière. Il y a aussi un courant d'air glacé et sa jupe trop courte. Je reprends mes esprits et commence à dissocier le noir de l'orange. Ce sont les lumières de paris tout au loin. Elle en revanche, est trop près. Sa main passe dans mon dos et je frémis sans raison. Par-dessus son épaule je découvre la pièce dans laquelle je suis enfermé avec elle depuis dix minutes. Il n'y a rien à part du béton sur le sol et du plâtre sur les murs. La fenêtre n'a pas de vitre, pas de barreaux. Je lâche prise. Je la sens aller en rythme avec la musique. Elle enferme mon visage entre ses jambes. Je n'entend plus rien. Je ferme les yeux et l'avion est là, il m'emmène. Je me tire en disant au-revoir par le hublot. Je me suis réveillé dans un metro. Elle dormait sur mes genoux, violente adolescente.

JPTimbaud



jeudi 17 septembre 2009

I talk too much and i don't say the right things. I don't drive a car and i take trains too early in the morning. I'm not negative but i can't be positive neither. I'm realistic. Badly realistic. I don't play the good games - teenager games - sometimes i don't even understand it's a game. I cook well but i don't answer the phone right in time. I don't sleep enough. I see too many girls in a week and i forget what they told me last time. I'm addicted to late night talking and my flat stinks.

To be continued



























Underaged groom

J'ai encore ce goût amer dans la bouche. Le goût de mon propre parfum qu'elle s'est mise dans le cou ce matin avant qu'on fasse l'amour. Je sors du restaurant sans récupérer ma monnaie et je m'enferme dans la grande pièce blanche avec le chat noir. Je tire les rideaux, branche le deuxième moniteur, lance photoshop. On se voit dans trois heures, une sieste, quatre cafés, huit appels en absence, onze cigarettes, treize mails, et deux larmes.

lundi 14 septembre 2009

Nice

Was nice.

mardi 1 septembre 2009

Abonnée

J'ai un problème avec l'alcool, les filles, l'argent, le travail, le café, mon corps, le tabac, et les cheveux dans les éviers.

lundi 24 août 2009

Correspondance

Que faire quand on se retrouve dans les écrits d'un type qui taquine la mort pour se sentir vivre, qui ne s'attache à rien car il est incapable de posséder quoique ce soit, qui ne fait plus la différence entre les putes, les veuves paumées et les mondaines, qui affronte tout mais ne veut rien surmonter, qui joue, ment, boit, et survit dans une existence de cloporte?

On se met à écrire à son tour.

Accessoirement on constate que les cloportes, ce sont les autres. Mais à ce moment on n'en a déjà plus rien à foutre

(à propos de Charles Bukowski, correspondance avec Léa)

samedi 22 août 2009

Faux-pas

It's been too long i haven't eat something normal and i begin to talk to my cat in english. Anyway, I feel cool. Water makes me feel cool. I walk along the canal and I tell stories. I think. I Drink. With the half of a beer i have developped an interesting theory linking dance, street art, fashion desing, and rollerblading. I would like to write it down here but i keep it for darker days.

L'été s'enchaînent les idylles.

samedi 8 août 2009

Nantes

Well it's been a long time, long time now
since I've seen you smile.
And I'll gamble away my fright.
And I'll gamble away my time.
And in a year, a year or so
this will slip into the sea
Well, it's been a long time, long time now
since I've seen you smile

Innoncent

Les nuits se suivent et ne se ressemblent pas mais les aurores, elles, donnent toujours cette écrasante impression de liberté et de solitude. Le regard haut et quelques vapeurs d'alcool allégeant ma démarche, je ris des ombres étirées des marcheurs qui partent au charbon salir chaque jour un peu plus leurs rêves. C'est intense comme on se sent vivre, à contretemps, en remontant le courant de leur exode vers les gares et les centres commerciaux, dans une frénésie que seul les claquements de mon obturateur peuvent trahir.

jeudi 6 août 2009

Mikado

Trente trois degrés Celsius et je compte en allées. A la cinquième il faut tourner à gauche. Je déclenche, c'est frénétique. La mise au point faite, il faut juste à rester à la même distance d'elle pour oublier le viseur. J'écoute son histoire. Les gens se retournent. En plus d'être presque rousse et belle, elle descend le cimetière pieds nus en riant fort - les yeux des touristes rivés sur la paire de talons blancs vernis qu'elle balance au bout de son bras au rythme ses foulées - je suis gêné. Je me concentre sur les photos. Je déclenche. Quelques enjambées de fougères et un enterrement perturbé plus tard, elle arpente la rue des Pyrénées en jouant à la marelle entre les crottes de chien et le bitume brulant. Tout cela devient beau. Je déclenche. Elle ne capte rien, et rit encore. Je commence à avoir envie de fruits. Des brugnons et des citrons verts. J'ai chaud. Il faudra cependant que je trouve un motif solide pour me sortir de tout ça. J'ai de la visite, il faut partir. Vite.

lundi 27 juillet 2009

U for GH

Sortie de la corbeille

Click to enlarge
193,3Go sur votre disque. Ce message à l'air d'une fusée de détresse dans une fenêtre Leopard X, et je remonte mes manches. J'explore. Des centaines de dossiers, nommés à la va-vite, certains plus douloureux que d'autres. Des images 5ans d'âge, juste assez pour être premium, pas assez pour être bonnes. Je trie, j'efface, j'imprime - TRASH IT MAIL IT UPDATE IT - dans la froideur des icônes et des hyperliens je jette au feu et je range dans des petites boîtes en carton qui prendront la poussière.

jeudi 16 juillet 2009

Dam

L'identification d'une ville est un exercice que l'on fait à l'école.
Malheureusement, je ne suis pas allé à l'école.
Alors je me rattrape, comme je peux.

mardi 16 juin 2009

Belleville

footsteps on my mac

L'hôtel a des saveurs de pensionnat d'Allemagne de l'Est mais le petit déjeuner, lui, ressemble à un festin gaulois - comme à la fin d'un Asterix. L'eau salée dessine des auréoles sur nos pantalons et le soleil qui rentre par la verrière fait sécher nos cheveux. Quelques gorgées de jus de pomme plus tard je me rends compte qu'il est trop tard. Bien trop tard pour aller se coucher. Bien trop tard pour tenter une autre escapade. Bien trop tard pour reprendre goût aux choses d'avant. Bien trop tard pour se retourner. Les points de non-retour, on ne les voit que quand on est en train de les dépasser, à toute vitesse, les cheveux dans le vent, à bord d'une petite décapotable bleue.

jeudi 11 juin 2009

Vincennes

La toux et les temples bouddhiques.
Bacci

People I love














Il en manque beaucoup, désolé pour tous ceux qui ont gravi les six étages et dont les photos ont disparu.

love love love

samedi 6 juin 2009

WE ARE

ON THE ROAD AGAIN

Je te fuis.


En montant les escaliers ce sentiment me revient. Les points de suspension, la photo qui s'affiche, cette sensation de douceur. Je ne m'attendait pas à ça. Cette pensée est si obsédante que je n'ai même pas senti les six étages. La clé sous le paillasson. Le chemin à tâtons pour allumer le seul halogène du salon. La quête d'un verre à rincer pour boire un peu d'eau. Puis jeter mon jean sur un tas de fringues qui devient chaque jour un petit peu plus haut. Chacun sa routine. Je m'assieds. Avec un peu plus de lucidité je relis le message. L'adrénaline illusoire de te sentir revenir. L'ego, l'espoir, l'amour. Tout ça se bouscule.


Avec un peu de recul (et de renfort), j'arrive à garder mon sang froid. Les comptes seront réglés plus tard.

Improvisation(s)


Le son du saxophone arpente l'air lourd de ce dimanche soir et emplit chaque pièce faisant oublier que deux chaises sur trois sont libres dans ce foutu théâtre. L'improvisation commence. Les regards se fuient, les mains se frôlent. Le frottement des pieds nus des danseurs sur le parquet devient comme les pinceaux des batteurs de jazz qui caressent leur caisse claire. Le rythme est donné par les corps. Le musicien suit. Quelqu'un ouvre une canette au fond, le gaz s'échappe. Un danseur grimace. Des rires. Le claquement sec du déclencheur de mon appareil photo se pose dans la mesure. Un clochard traîne son caddie dans un fracas de métal qui rebondit sur les pavés. L'improvisation se termine. Nous applaudissons. 

jeudi 28 mai 2009

superficiel

je sors de la douche avec cette sensation désagréable de m'être lavé au savon de marseille. à vrai dire il n'y avait pas de savon du tout. et pas de serviette, non plus. je traverse le salon en enjambant les toiles, les bouteilles et le linge sale. le parquet est recouvert d'une couche de poussière blanche à cause du plâtre poncé la veille. je regarde la trace de mes pas mêlée aux impacts des gouttes sur le sol et je me surprends à n'y voir aucune poésie. j'ai effacé le dernier message, celui du début de la fin. c'est peut-être pour ça.

mardi 26 mai 2009

en transit


Les escaliers du Metro ont toujours ce truc magique quand on sort, éblouis par le ciel et happés par le courant d'air. Mais aujourd'hui je regarde mes pieds et je ferme mon manteau. Arrivé en haut l'odeur des marrons chauds et du pop corn ne me donne pas faim. J'allume ma cigarette en traversant - un klaxon - rien à foutre. La rue JP Timbaud, au début, ses étals de K7 du coran à deux euros et ses détaillants de burka grillagées. Je suis crispé. Je slalome entre les poubelles et les petites vieilles qui tirent leurs caddies pleins de poireaux. Encore du vent. Il y a des filles qui portent des belles robes assises sur les marches de la maison des métallos, comme d'habitude. Je passe devant la quincaillerie en me disant pour la dixième fois cette semaine que je devrais acheter cette poêle à deux euros et une ampoule de 40w. Je passe mon chemin, direction le 59. La petite vieille assise dans les escaliers au deuxième, la pile de cassettes au cinquième, les cartons sur le palier du dernier. Je crois que j'aime cette vie.

Bandit Bambi

Photobucket

Photobucket

Photobucket

Faire une photo ? Capter, saisir, maîtriser, suivre, reproduire, créer, ordonner, contrôler, organiser ?

Entourez la (les) bonne(s) réponse(s).

Dédicace au facteur blond cela dit.


lundi 25 mai 2009

la maladresse

cancoillote à l'ail
côte de provence rosé
tomates cerises
concombre
bière chinoise
pâtes
quintuple café avec trois sucres
prince de lu
fraises
schweppes

samedi 23 mai 2009

bloody wednesday


Le soleil se lève, les cigarettes partent en fumée et son rire se perd au milieu des toits. Je me réchauffe, il me semble. Un petit tour plus tard et la verrière se brise. Ma main passe au travers. Même pas grave, je suis en vie.

dimanche 10 mai 2009

isabelle huppert, les petits fours et le prochain orage

Réveil atroce, sans savoir ou je suis, ni comment je suis arrivé là. Je descend. Je ne sais plus si je suis rentré avec mon vélo hier soir, alors je fais le tour du quartier pour le chercher. Il est attaché aux grilles d'une église et la poignée de frein défoncée pend lamentablement dans le vide. Demi-tour. C'est juste un acte manqué, je n'en veux plus de ce vélo. C'est fou ce que l'inconscient peut faire. Casser des vélos. Je repars à pied. Au milieu de la place, un type joue du violon et une pizzeria a sorti une terrasse en plastique avec des parasols heineken. La insalata mista est merveilleuse. Le soleil perce. Pour la peine, je rallume mon téléphone.


lundi 4 mai 2009

LSD



Le contact du sable froid devient insupportable et me fait reprendre mes esprits. Sofian est allongé quelques mètres plus bas, il dort bien je crois. Les chevelus traînent toujours leurs guenilles de hippies entre les cendres des feux de bois et leurs vans moisis. Je les exècre, ils brandissent des pancartes face à la mer, là ou on bombarde. Quelques explosions dont le flash bleu achève de me réveiller viennent alimenter leur colère. Ils tirent sur leurs joints et debout sur le toits des combis, ils prêchent leur discours face à la mer, face aux colonnes de fumée et aux hélicoptères des secours. Ce spectacle me répugne. Je réveille Sofian. J'aime bien sa tête de quand il se réveille. Nous partons. La lumière blanchit. Derrière la dune il y a ce grand village dortoir. Je crois que c'est un VVF ou un HLM. Je ne sais plus. Je confonds. Une habitante avec un vieux panier plein de chips et de Kiri vient me parler de Jésus, de ce qu'il a fait pour elle, de sa couverture sociale et de son mari qui est parti avec un homme. Sofian s'est déjà tiré, je crois. Elle apostrophe désormais toute la rue. Je regarde autour de moi. Il n' y a plus personne. Juste elle et moi. Elle me parle comme à une assemblée ou mieux encore, à une caméra de télévision. Les étrangers, les homosexuels, que fait la police. Ma tête explose. Ce qu'elle dit est vrai, ce qu'elle dit est vrai. Je suis hypnotisé. Et son village se transforme en une grille. Elle parle, sa raison l'emporte parce qu'elle parle. Elle parle vite et me raccroche au nez sans cesse. Elle gagne. Son village s'est transformé en prison, puis en grille. Cette grille est comme sur le bras de Lucas. On a envie de mettre des croix dedans ou plutôt des croix à côté, mais pas trop loin quand même. Sur mon avant bras gauche, il y a un petit tatouage. C'est un avion en papier. Du bon côté, au bon endroit. Je dois 50euros a Rude, le tatoueur. Ses traits à main levée sont le plus droits de la terre, il ne tremble pas. L'avion ira tout droit dans la grande ourse, mais ce n'est pas le sujet, je lui dois cinquante euros. Beirut résonne dans ma tête. C'est la sonnerie de mon téléphone. Le réveil. Nantes. C'est l'heure de me lever. 8h. Sofian sur le matelas au pied du lit me regarde. J'aime bien sa tête de quand il se réveille.

dimanche 3 mai 2009

Au poska


A peine sa question posée je sens le mal qui me traverse. Je la maudis. Ca allait ce soir. L'air chaud m'avait donné des idées neuves et je faisais des kirs limés sur glace avec le plus grand entrain du monde. Je m'efforce de me retourner vers elle, pour au moins lui répondre en la regardant. "C'est la grande ourse". J'ai sûrement été sec. Quelques phases lancées par dessus mon plan de travail plus tard suffiront pour qu'elle comprenne. Je crois qu'elle a trouvé mon histoire touchante. C'était pas l'idée. Son allure change. La soirée continuera. Sa copine me donnera son numéro de téléphone. Je sais vraiment pas quoi en foutre.

jeudi 30 avril 2009

Cash


Le type de la table de derrière ne lit plus son journal, je le sais. Je vois son regard se figer dans le vide entre son journal et sa bière. Tu accélères le rythme, mais ta colère se noie dans ton incertitude. Tu serres les dents et le ton baisse. Tu cites les faits, comme si tu voulais les revivre. Le mec percute. Il lève les yeux vers moi. Il a compris. Il voit sa vie défiler dans mon regard absent. Il repense a sa première femme, leur première bagnole, leur premier gosse, leur divorce. Et à celle qui a payé juste après. C'est d'un banal, de payer pour l'autre.
Je laisse un blanc, je n'ai rien à ajouter. J'avais tout mentionné dès le premier quart d'heure. Tu aurais du écouter. Le type prend une grande gorgée et son regard se précise. Il s'attendrit, je crois. Je me lève. Je me sens sale. Je me sens fort. Je sais pourtant très bien que demain j'aurais des vertiges en me réveillant et qu'il me sera impossible de manger quoique ce soit.

vendredi 24 avril 2009

Bordeaux st Jean


Deux heures ont passé. Les yeux grand ouverts et secs. Encore une fois ce n'est pas le bon lit. La scène de la veille me revient incessamment. Toi, lui. Sa poignée de main. Mon sac de verre brisé. Votre mépris. Tes yeux rivés au sol fixant ses pas comme pour mieux les suivre. J'avais prévu d'autres choses que ce seul bouquet de fleur dont je me suis débarrassé devant ta porte. Mais je n'ai pas pu. L'amertume m'a paralysé. Cela fait deux jours. J'ai toujours les dents serrées. Toujours ces phrases que je devais te dire coincées en travers de la gorge. Toujours aussi mal. Il est 4 heures 30 du matin. Je décide de prendre un billet. Je dois te dire tout ça. Je ne pourrais pas partir si je ne te l'ai pas dit.

Il est trois heures de l'après midi. J'ai comme une envie de crever en voyant une navette Lacanau Océan passer. Je fais le vide dans ma tête. Un petit vieux me téléphone. Il faut que j'aille enlever les affiches.

jeudi 16 avril 2009

14


Le coton de mon gilet s'use anormalement et le noir commence à devenir gris. Je décide de remonter mes manches, et de me relever. Le strapontin ne remonte pas, je le claque d'un coup de talon. Les regards se tournent vers moi. Je commence à réaliser que je pourrais faire peur. La douleur me lance. Je veux rester fier. Mes mains tremblent. Je suis arrivé. Je monte les escalier et arrive à l'air libre. Je traverse la rue pour faire ce chemin qui hier était anodin. Aujourd'hui c'est une torture. Je regarde ce mec assis par terre devant le monoprix. Ce mec que je voyais chaque jour en me demandant comment pouvait-on en arriver là. Je commence à comprendre. Je tourne à gauche. Mon coeur s'emballe. Je rentre dans la cour. Les rires résonnent. Je lève les yeux, vers les fenêtres. Une est ouverte. La lumière s'allume, s'éteint. Je me sens misérable. Je décide de partir. En passant la grande porte je suis pris de panique. La boîte au lettres. Mon nom. Il est là, devant le tien. Je suis pétrifié. Je ne sais même plus ce que signifient ces émotions, ce vertige. Tout me fait mal. Je me maudis de garder espoir. Je pars. Peu importe ce qui se passe là haut, escalier C cinquième gauche droite. Je préfère partir hanté par tes cheveux courts et ton regard fier plutôt que de voir quoique ce soit de nouveau. J'ai déjà assez de matière à faire de mauvais rêves.